Cloud souverain : pourquoi les collectivités doivent s'y intéresser

Le problème : vos données citoyennes chez des hébergeurs étrangers

La majorité des collectivités françaises utilisent aujourd'hui des services cloud hébergés par des entreprises américaines : Microsoft 365, Google Workspace, AWS. Ces outils sont performants, mais ils posent un problème fondamental de souveraineté.

Le Cloud Act

Depuis 2018, le CLOUD Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act) autorise les autorités américaines à exiger l'accès aux données stockées par des entreprises américaines, y compris si ces données sont hébergées en Europe. Concrètement : les données d'état civil, les dossiers sociaux et les documents d'urbanisme de vos citoyens sont potentiellement accessibles par un gouvernement étranger.

Un risque juridique réel

Le RGPD interdit le transfert de données personnelles vers des pays ne garantissant pas un niveau de protection équivalent à l'UE. L'utilisation de services cloud américains place de fait les collectivités dans une zone grise juridique que plusieurs décisions de la CJUE ont déjà sanctionnée.

Qu'est-ce que le cloud souverain ?

Un cloud est dit souverain quand il répond à trois critères :

Les acteurs français

SecNumCloud : le label de confiance

SecNumCloud est la qualification délivrée par l'ANSSI aux prestataires de services cloud qui respectent les exigences les plus strictes en matière de sécurité et de souveraineté. C'est le standard de référence pour les données sensibles des collectivités.

Ce que garantit SecNumCloud

Les données concernées en priorité

Toutes les données n'ont pas le même niveau de sensibilité. Voici les catégories à migrer en priorité :

Données critiques (migration urgente)

Données sensibles (migration recommandée)

Données courantes (migration souhaitable)

Combien ça coûte ?

Contrairement aux idées reçues, le cloud souverain n'est pas nécessairement plus cher. Pour une collectivité de 10 000 à 50 000 habitants :

Le surcoût éventuel par rapport aux hyperscalers américains est généralement de l'ordre de 10 à 20%, largement compensé par la conformité juridique et la réduction du risque.

Par où commencer ?

1. Cartographier l'existant

Inventorier tous les services cloud utilisés, les données qu'ils hébergent et les contrats en cours. Un audit de souveraineté est le point de départ idéal.

2. Prioriser la migration

Commencer par les données les plus sensibles. Ne pas chercher à tout migrer d'un coup.

3. Choisir les bons partenaires

Privilégier les hébergeurs qualifiés ou en cours de qualification SecNumCloud. Vérifier les certifications (ISO 27001, HDS pour les données de santé).

4. Former les équipes

La migration technique n'est rien sans l'accompagnement humain. Les agents doivent être formés aux nouveaux outils.

La souveraineté numérique n'est pas un concept abstrait. C'est la garantie concrète que les données de vos citoyens restent sous la protection du droit français — et de personne d'autre.

Pour comprendre les conséquences concrètes d'une perte de contrôle sur les données, consultez nos cas concrets d'incidents sur des collectivités françaises.


SOCLE. accompagne les collectivités dans leur transition vers un hébergement souverain, du diagnostic initial à la migration opérationnelle. Nous consulter.

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